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Stalingrad/Paul Vaillant-Couturier à Malakoff : un exemple de la réponse du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme au problème du logement à partir de 1951.

jeudi 13 janvier 2011, par Sawsan AWADA

Les logements construits par l’OPH de la Ville de Paris (aujourd’hui Paris-Habitat) entre 1959 et 1965 dans la partie sud de Malakoff, limitrophe de Châtillon, relèvent du programme dit « secteur industrialisé » qui s’inscrivait dans le Plan national de construction. Confiée à l’architecte Denis Honegger en 1957, l’opération « Malakoff-Sud » fut la dernière opération du « secteur industrialisé ».

La crise du logement est dramatique après la seconde guerre mondiale. Elle est amplifiée par la croissance démographique et l’exode rural. Ensuite, dans les années cinquante, la situation devient encore plus urgente avec l’immigration massive de travailleurs et le retour des Français d’Algérie. L’Etat y répond à partir de 1951 en mettant en place le programme du « secteur industrialisé » qui renforce les liens entre l’industrie et l’architecture. Le but est d’abaisser le coût des matériaux et des prestations tout en augmentant le nombre de logements et en favorisant le développement économique et industriel du pays. Denis Honegger , architecte sollicité par le ministère de la reconstruction et de l’urbanisme, met au point un procédé de préfabrication qu’il appellera « Gamma 57 » dont « Malakoff-Sud » est un exemple.

L’opération « Malakoff-Sud » comporte 592 logements. Un certain nombre de locataires actuels occupent leur logement depuis 1962, année d’achèvement d’une partie des bâtiments qui seront entièrement terminés et livrés en 1965. L’opération est également constitué d’un ensemble d’équipements (centre commercial, boutiques, maison des jeunes, cinéma) qui ont connu des transformations au cours des années. Ainsi, depuis 2010, le cinéma qui n’a jamais fonctionné en tant que tel est devenu la Fabrique des arts, lieu de répétition acquis par la Ville de Malakoff et géré par le Théâtre 71. Quant à la cité commerciale d’origine, très appréciée par les habitants du quartier, elle a perdu de son dynamisme au fil des années, entre autres à cause des grandes surfaces qui se sont progressivement implantées dans le secteur, notamment à Châtillon.

Au cours de l’enquête menée par les étudiants de l’ENSA de Versailles, certains locataires ont donnée une explication complémentaire au dépérissement de l’activité commerciale : ils considèrent que les loyers et charges des locaux commerciaux fixés par Paris-Habitat sont trop élevés, ce qui expliquerait que les locaux commerciaux demeurent vacants depuis des années. Pour ce qui est de la maison des jeunes annoncée dans le programme d’origine, il n’a pas été possible de la localiser ni de savoir si elle a vraiment existé après l’achèvement des travaux. De manière générale, les locataires regrettent que la Fabrique des arts n’ait pas un fonctionnement plus ouvert sur le quartier. Ils souhaitent qu’elle attire progressivement un public de plus en plus nombreux, dans l’espoir de voir revivre leur cité commerciale.

Crédits photographiques : photos Chevojon, extraites du Fonds Denis Honegger, Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe siècle.

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